La communication 2.0 des shebab

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Joan Tilouine


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«Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux». C’est avec un premier tweet dans la langue du Prophète que les shebab ont fait leur entrée sur le réseau social mercredi 7 décembre. La suite est en anglais : «Le Jihad mené ici en Somalie doit continuer jusqu’à ce que le pays soit purifié de tous les envahisseurs». Cette fois, c’est le porte-parole militaire des shebab, Sheikh Abdiaziz Abu-Musca, qui est cité. Le compte twitter @HSMPress relaie en langue anglaise la parole et les actions armées de la milice islamiste somalienne formée en 2006 par des combattants du mouvement des Tribunaux islamiques. HSM pour «Harakat al-Shabab al-Mujahideen», l’acronyme en anglais de l’organisation islamiste armée liée à al-Quaida, précise le blog Danger Room de Wired qui indique : «Twitter doit vérifier ce compte mais il semble authentique».

Un service de presse ou plutôt un nouveau canal de diffusion et d’influence voire une diplomatie publique du groupe islamiste armé sur Twitter. Plus de 400 personnes suivent ce compte à la date du 8 décembre notamment des fonctionnaires d’organisations internationales, des chercheurs et des journalistes ou encore le compte officiel de la diplomatie américaine en Ouganda. Mais les shebab n’en sont pas à leur coup d’essai en terme de propagande numérique. Aux États-Unis, un certain Omar Hammami, s’était illustré par son rap djihadiste. Barbe épaisse et cheveux longs, ce commandant shebab aux États-Unis connu en Somalie sous son nom de guerre Abu Mansoor al-Amriki, a ainsi mené des opérations de séduction de jeunes américains pour les rallier à sa cause. You Tube, Twitter et les autres réseaux sociaux, autant de puissants outils «soft» pour tenter de rendre le Djihad plus attrayant aux yeux des jeunes.

Guerre des narratives

Dans un document public de lutte contre les violences extrêmistes paru cet été, la Maison Blanche souligne la prolifération des discours de propagande terroriste en langue anglaise sur les réseaux sociaux et plus largement sur le web.  «Nous devons activement et agressivement contrer ces idéologies extrémistes violentes qui visent à recruter des individus », indique la Maison Blanche qui évoque une lutte des «narratives»sur les territoires numériques avec le storytelling comme principale arme de persuasion, d’adhésion et d’influence. Cette guerre des narratives est officialisée le 18 octobre 2010 avec un tweet d’Alec Ross, le conseiller à l’innovation de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. «Nous ne pouvons pas laisser le terrain de jeu numérique à al-Qaida et au Hezbollah», rédige alors le diplomate numérique américain sur son fil Twitter. Dans cette guerre, c’est le département d’Etat qui a la plus grande armée avec 192 comptes Twitter en anglais, en farsi, en arabe… Dernière bataille de rhétorique sur Twitter avec al-Qaida le 13 septembre dernier, en Afghanistan. Dans la foulée d’un attentat perpétré contre l’ambassade américaine et le siège de l’Otan à Kaboul, le porte-parole des talibans et le service de presse de la Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF) se retrouvent sur Twitter pour «une guerre des mots», comme le rapporte un article du Guardian. «Ce qui prouve qu’ils sont prêts à dialoguer directement même si ces échanges laissent peu d’espoir de paix dans un futur proche», analyse le quotidien britannique.

Dans cette guerre somalienne, l’heure n’est pas vraiment au dialogue sur Twitter. Du côté kenyan, c’est un autre usage, plus militaire et qui se veut préventif. Très actif sur le réseau social, le porte-parole de l’armée kényane Emmanuel Chirchir y annonce les localités suspectées d’abriter des camps de shebab qui seront la cible des attaques aériennes. L’objectif affiché de l’armée kényane est de protéger les civils qui pourraient fuir avant les bombardements grâce à ces annonces sur Twitter. Mais dans cette Somalie en guerre et sans État, Twitter n’est pas forcément l’application la plus utilisée…

Illustration : CC LaughinSquid

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1 réaction

  1. Viottolo joseph
    Le 8 décembre 2011 à 20 h 07 min

    Les islamistes , confondent Dieu et Allah . Les croyants , se tournent
    bien sur , vers Dieu et, les islamistes , qui n’ont aucune notion de Dieu , se font leurrer par des agitateurs politiques se réclamant d’Allah qui, n’est qu’un prétexte de propagande . Frères croyants , de toutes races , de toutes langues , que vous soyez , chrétiens , musulmans , juifs, priez Dieu et, laissez aux ignorants , s’ils ne veulent pas comprendre , le soin de se faire dégrader par Allah . Dieu , reconnaîtra les siens

One Rétrolien

  1. Par Tweet d’Afrique – Africa Tech le 29 janvier 2012 à 19 h 24 min

    [...] la twittosphère sub-saharienne, on croise aussi des militaires kenyans haut-gradés et des insurgés shebab qui annoncent leurs attaques ou vantent leurs faits d’arme en 140 caractères. Surprenante [...]