TechWomen: la diplomatie digitale US en Afrique

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Joan Tilouine


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«Que vous soyez dans la Silicon valley, au Moyen-Orient ou en Afrique, nous voulons vous aider à développer et à mettre en pratique les nouvelles technologies.» C’est en ces termes que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est adressée le 6 juillet dernier à Washington devant un public restreint. Trente-huit femmes agées de 25 à 42 ans originaires d’Algérie, du Maroc, d’Egypte ou encore de la bande de Gaza. Toutes utilisent internet et les nouvelles technologies dans leur travail mais aussi pour contribuer à la transformation politique, socio-économique et au développement dans leur pays. Ce sont les «TechWomen», du nom de ce nouveau programme d’échange initié par le département d’Etat américain en partenariat avec la crème des acteurs privés de la Silicon valley.

Ce mercredi 6 juillet dans la plus belle salle de réception du département d’Etat, les 38 geekettes d’Afrique et du Moyen-Orient écoutent religieusement le discours d’une dizaine de minutes que leur a préparé la chef de la diplomatie américaine. Pour certaines, c’est leur première fois à l’étranger. Après Washington, destination la baie de San Francisco, le berceau de l’innovation. Loubna Lahmici fait partie de cette première «promotion» de TechWomen. En Algérie, elle dirige la start-up Ideatic qui produit des logiciels et développe le e-Learning et le e-commerce. Dans la Silicon Valley, elle passe le mois de juillet à apprendre. «Je vais rentrer dans mon pays avec des techniques de pointe, des nouvelles idées et des projets que je vais partager avec mes collègues et mes équipes», explique-t-elle.

Le programme est pensé sur le long terme. Objectif: former ces «TechWomen» et constituer une communauté qui dans dix années comprendra près de 400 membres influentes en charge de «TechGirls», un programme similaire à destination des jeunes filles d’Afrique et du Moyen-Orient. Ou comment fédérer et nouer des liens forts avec la future élite féminine 2.0 de ces régions, réunie autour des nouvelles technologies.

«Un nouveau départ»

Le programme a été mis en place cette année par Hillary Clinton et son équipe de diplomates innovants pour identifier, rassembler et soutenir les femmes qui utilisent les nouvelles technologies comme accélérateur du changement. Avec une priorité stratégique sur les «TechWomen» issues des pays musulmans où les Etats-Unis souhaitent notamment refaçonner leur image mais aussi nouer ou renforcer les liens avec les jeunes leaders de la société civile et les cyberactivistes pro-démocratiques. Une orientation annoncée par Obama dans son discours du Caire de 2009 intitulé «un nouveau départ».
«Le changement positif en Afrique et au Moyen-Orient proviendra des jeunes innovants, des femmes… Et non plus des acteurs officiels en place. Les nouvelles technologies nous permettent de rentrer directement en contact avec ces nouveaux acteurs et de les soutenir», souligne le diplomate Alec Ross qui est le conseiller à l’innovation d’Hillary Clinton et intiateur des TechWomen. Pour mettre en pratique cette stratégie de «smart power» ou «pouvoir de l’intelligence», le département d’Etat a clairement opté pour les nouvelles technologies comme outil d’adhésion, de persuasion et d’action. C’est ce qu’Hillary Clinton et son équipe ont nommé «le savoir-faire du 21ème siècle». «TechWomen» est le dernier réseau d’influence digitale pensé par Washington.

Délégation diplomatico-technologique féminine en Afrique

C’est à San Francisco, au bord de l’océan pacifique, que Leila Janah a installé le bureau de sa start-up Samasource qui combat la pauvreté en offrant du travail par ordinateur dans les zones pauvres du globe. Cette américaine d’origine indienne est à la fois une entrepreneure et une activiste qui utilise les nouvelles technologies pour lutter contre la pauvreté et pour renforcer le pouvoir des femmes.

Le profil type de la «TechWoman» américaine. Ce qui n’a pas échappé au département d’Etat et à sa nouvelle diplomatie numérique en association étroite avec les entreprises innovantes de la Silicon Valley. En mars dernier, Leila Janah a été convié par le département d’Etat à un voyage diplomatique étonnant: la première délégation technologique (TechDel) féminine.

Composée uniquement de femmes diplomates et d’entrepreneures innovantes américaines, cette délégation s’est rendue au Liberia et au Sierra Leone pour y analyser l’impact des nouvelles technologies et pour favoriser un écosystème web. Plus qu’une classique évangélisation technologique, la délégation s’est entretenue avec les chefs d’Etats à propos du développement de l’internet comme priorité et avec les acteurs tech locaux qui seront soutenus par Washington. Plusieurs plans concrets ont été annoncés notamment basés sur les services par SMS pour améliorer l’accessibilité aux soins, soutenir les femmes micro-entrepreneurs…

Délégations technologiques, formation des leaders locaux et alliance avec les géants de l’innovation californienne, cette nouvelle diplomatie numérique américaine s’investit de plus en plus en Afrique. Pendant les révolutions arabes, Alec Ross aimait à dire que «le Che Guevara du 21ème siècle est le réseau». Que pourra faire le «réseau» en Afrique ?

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1 réaction

  1. Le 10 novembre 2011 à 8 h 44 min

    Interesting…

3 Rétroliens

  1. [...] la séduction – donc de l’influence. Les Américains ne sont pas en reste sur un autre plan : la diplomatie digitale en Afrique. Si la diplomatie publique tient à la capacité d’un Etat de séduire la population d’un autre [...]

  2. [...]  Que vous soyez dans la Silicon valley, au Moyen-Orient ou en Afrique, nous voulons vous aider à développer et à mettre en pratique les nouvelles technologies.» C’est en ces termes que la secrétaire d’Etat américaine … Lire la suite [...]

  3. [...] Source: Slateafrique.com [...]