Le Sud-Soudan en quête d’un nom de domaine

L'Auteur

Joan Tilouine


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Le leader charismatique de la rébellion sudiste, feu John Garang, militait pour un Soudan uni du nord au sud. Six ans après sa mort, le Sud à majorité chrétienne se sépare du Nord musulman. Ce samedi 9 juillet, le Sud-Soudan a proclamé son indépendance et devient le 193ème État de la planète. Une journée historique.

Tout est à faire pour bâtir ce nouvel État sans institutions ni infrastructures qui enregistre un indice de développement humain inférieur au Soudan – classé 154ème sur 169. Parmi les nombreux défis à relever par Djouba : Internet. Le Sud-Soudan est face à un casse-tête pour établir son «nom de domaine national de premier niveau» (ccTLD). Au 21ème siècle, l’État dispose d’un territoire, d’un gouvernement et d’une population, mais aussi d’un nom de domaine. Chaque territoire indépendant possède en effet son extension propre sur le réseau. Exemple : «.ng» pour le Nigéria, «.ci» pour la Côte d’Ivoire, «.bf» pour le Burkina Faso; «.fr» pour la France…Le problème est de taille pour le Sud-Soudan qui peine à trouver une extension disponible ou…convenable.

«Nous voulons prendre le nom de domaine «.ss» pour «Sud-Soudan» mais on nous dit que «SS», en Europe, est associé aux nazis. Mais nous avons tout de même postulé pour cette extension», a expliqué un officiel à l’agence de presse Reuters.

Mais le Sud-Soudan n’a pas vraiment le choix car les différentes options d’extensions à deux lettres se font rares et que le nouvel Etat ne peut plus se servir du «.sd» réservée à la République du Soudan. L’extension «.rs» pour République du Sud-Soudan est déjà utilisée par la Serbie, «.sn» est en service pour le Sénégal alors que «.su» est toujours attribuée à la défunte Union Soviétique. Du coup «.ss» se révèle être le seul choix envisageable par Djouba. Mais c’est l’Organisation des Nations Unies qui va trancher et ajouter le Sud-Soudan sur la liste des Etats membres. Ensuite, l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO), basée à Genève, va attribuer le «code-pays» (ISO 3166-1) de deux ou trois lettres. Ces codes sont généralement utilisés comme nom de domaine.

L’autre option éventuelle serait de déposer un dossier de candidature pour une extension générique auprès de l’Icann, l’autorité de régulation de l’internet en charge notamment des noms de domaine. Depuis le 20 juin, il est désormais possible pour les entreprises et les villes de postuler pour une extension générique sur-mesure. Las des extensions génériques «.com», «.org», «.info» (il y en a 22 au total), le web va accueillir des «.paris» pour la capitale française ou des «.apple» pour la marque à la pomme. Ainsi, le gouvernement du Sud-Soudan pourrait postuler pour des extensions telles que «.juba» (écriture anglaise de la capitale Djouba) ou «.southsudan». Les dossiers sont à déposer entre janvier et avril prochain et il en coûtera près de 500 000 dollars pour jouir d’une extension générique personnalisée. L’Icann a annoncé la mise en place de fonds d’aides pour les pays en développement. Mais cette solution reste alternative et ne concerne que les extensions génériques.

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3 réactions

  1. Greg
    Le 13 juillet 2011 à 15 h 14 min

    Je ne comprends pas: il existe des extensions de trois lettres ou pas ?
    Parce que si c’est autorisé, le problème est réglé: ça pourrait être .sos ou .ssu ou .rss !!!

  2. Joan Tilouine
    Le 13 juillet 2011 à 15 h 51 min

    Bonjour Greg,

    Le «nom de domaine national de premier niveau» (ccTLD – reservé aux Etats) est formé de deux lettres qui correspondent généralement au standard ISO 3166-1 des codes de pays.

    Par contre les extensions génériques de premier niveau (gTLD)se composent de trois lettres et plus. Il en existe 22. La plus connue est « .com ».

    En espérant avoir répondu à votre question. Merci pour votre lecture de ce blog.

  3. joan Tilouine
    Le 14 juillet 2011 à 12 h 07 min

    Ci joint un mail reçu par un lecteur que je trouve pertinent et donc je le publie en commentaire. C’est donc noté Daniel,nous parlerons désormais de « Soudan du Sud » et non plus de « Sud-Soudan »

    Monsieur,

    Je me permets de vous écrire car j’ai lu avec intérêt votre article relatif au Soudan du Sud :
    http://blog.slateafrique.com/africa-tech/2011/07/13/le-sud-soudan-en-quete-dun-nom-de-domaine/

    Je souhaitais cependant faire une remarque concernant l’emploi de l’expression erronée Sud-Soudan. En effet, le sud du Soudan a accédé à l’indépendance et ses dirigeants ont décidé de nommer le nouveau pays South Sudan en anglais. Or, la traduction correcte de ce nom en français est Soudan du Sud, sur le modèle de Corée du Sud ou d’Afrique du Sud. C’est pourquoi le ministère des Affaires étrangères a retenu cette appellation :
    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/soudan-du-sud_21081/presentation-du-soudan-du-sud_21082/index.html

    De même pour l’O.N.U. :
    http://www.toponymiefrancophone.org/DivFranco/Bougainville/Resultat.aspx?type_recherche=simplifi%c3%a9e&nom_francais_usuel=soudan&nom_local_usuel=&classe_de_lentite=&nature_de_lentite=&langue=&ISO_Pays=&ISO_PaysAFF=&gentile=&R1=V1

    Enfin, de nombreux médias l’emploient également :
    http://fr.news.search.yahoo.com/search?p=%22Soudan+du+Sud%22&fr=ush-newsblended

    Serait-il donc possible de l’employer dans vos prochains articles ? Cela améliorerait indéniablement la qualité de langue et aurait donné dans le cas présent le titre suivant :

    Le Soudan du Sud en quête d’un nom de domaine

    Pour information, l’agence de presse Reuters emploie l’appellation française correcte.

    Bien à vous,

    Daniel