Police: 20 mois de prison pour avoir racketté 3000 FCFA (4,57 euro)

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Ghislaine Atta


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Le président du tribunal, Koffi Kouadio, a rendu hier son verdict concernant l’affaire du gendarme et des six policiers accusés de racket de la somme de 3000Fcfa à un corridor à Assouba. Ils ont tous été reconnus coupables de violation de consignes.

Le sergent-chef Hili Kiéfon Michel a par ailleurs été reconnu coupable du délit d’extorsion de fonds qui lui est reproché. Il a pour cela été condamné à 20 mois d’emprisonnement ferme et à 100.000Fcfa d’amende.

Quant aux autres, Koffi Kouadio Ignace, Koffi Moussekeba Franck, Dago Houngou Achille, Damoa Kodja Fulgence, Koffi Koffi Guillaume, Affi Eugène, ils écopent 4 mois de d’emprisonnement ferme.

Du côté de la défense, c’est la déception. Pour Me Coulibaly Nambégué Désiré, cette décision de justice a été rendue sur des chefs d’inculpation qui n’ont pas pu être démontrés.

« On parle de violation de consignes, mais quelles sont les consignes qui ont été données. C’est vrai qu’on veut faire de la Côte d’ivoire un État de droit, mais, il faudrait que le droit soit dit. S’il faut simplement sanctionner pour donner des exemples, je dis non » ; a-t-il déploré.

En rappelant que dans tous les corps de métier, il y a des brebis galeuses, Me Coulibaly estime que s’il est avéré que certain militaires sont auteurs de rackets cela ne veut pas dire que tous les militaires sont des racketteurs.

« Quand on veut appliquer une peine à quelqu’un, il faut être sûr de sa culpabilité. Il ne faudrait pas juger par présomption. La loi doit respecter ceux qu’elle veut juger », a-t-il indiqué.

Le commissaire du gouvernement, Ange Kessi, s’est, pour sa part, réjoui de la décision de justice parce qu’elle a abouti à une condamnation.

« Il s’agit de la moralisation de nos forces. Elles doivent savoir qu’on ne peut plus se permettre n’importe quoi dans ce pays », a-t-il souligné.En déclarant que la Côte d’Ivoire doit être fière de sa justice. « Ce n’est que le début d’une longue série de procès, qui nous situera sur l’état du droit dans ce pays qui aspire à être un État de droit. Dans un Etat de droit, quel que soit votre statut, quel que soit votre milieu social, vous pouvez réclamer justice et justice se fera », a précisé le commissaire du gouvernement.

S’adressant aux forces de l’ordre, il a ajouté qu’elles doivent savoir qu’elles sont le miroir de la société, et doivent se comporter de manière à donner l’exemple. Car si elles se comportent comme des délinquants, la justice frappera. Parce que le pays est à un autre stade de son évolution, il faut donc accompagner son développement par un changement de comportement.

« Que ceux qui sont sur les barrages, les corridors, et qui ont entendu ce verdict, se préparent à être jugés s’ils ne veulent pas changer de comportement », a-t-il menacé.

 

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1 réaction

  1. Le 26 janvier 2013 à 6 h 19 min

    et pour 22500 F on fait quoi ? Rien, n’est-ce pas